détenteurs du bon gout

16 janvier 2012

sans titre 1 (ou un bouquin qui ne mérite pas de titre)

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Salut les gars.

Pour célébrer la rentrée (ouais on était en vacances), j'ai décidé de me lancer dans un truc incroyable mais vrai : la rentrée littéraire. A la bourre, certes, mais la notion de temps est quelque chose qui, contrairement à vous les travailleurs, m'effleure à peine. J'avais comme une envie qui me titillait, celle de briller en société, en causant d'auteurs dont les vrais critiques littéraires parlent.
Voici la fabuleuse histoire de comment j'ai eu tort, comment j'aurais du faire comme d'habitude et ignorer la presse, comment j'aurais du rester sur mes acquis, ceux là même qui me disent que la rentrée littéraire c'est de la merde et que briller en société est un art qui ne sert qu'aux ploucs.

Causons donc de Freedom, de Jonathan Franzen, l'homme qui a fait la une du Times, le livre qui a fait la une de Libé.
Fait assez rare pour être souligné donc, cette histoire de livre (objet imprimé ici sans illustrations et dont le nombre de pages est théoriquement infini) en première page de périodiques (objets imprimés pleins d'illustrations et dont on limite le nombre de signes pour ne pas perdre le lecteur) me travaillait.
Les éditions de l'Olivier auraient du me mettre la puce à l'oreille, mais non, je ne me suis pas écoutée, j'ai laissé le marketing, la pub, les articles dithyrambiques, la propagande, en somme, m'avoir. Rassurez-vous néanmoins, je n'ai pas filé le moindre kopeck à cette maison d'édition fallacieuse, je me le suis fais prêté car je ne suis ni folle, ni riche.

Venons-en aux faits : la plus grosse arnaque organisée du siècle, le scandale littéraire de ce début de décennie, l'escroquerie de l'année, ou plus simplement : la bouse de sept cent dix huit pages du mois d'août. Que je me suis enfilée dans sa totalité au mois de décembre. D'où le sentiment d'avoir été trompée.
Sept cent dix huit pages dont Harlequin n'aurait pas voulu. Sept cent dix huit pages qui se targuent d'être de la littérature en pensant que la quantité supplée à la qualité. Sept cent dix huit pages qualifiées de subversives parce qu'il y a écrit « Irak » dedans ; grosse remise en question de l'american dream donc, parce qu'ont été successivement imprimés les mots « trust » et « Irak »... bien bien bien.

Attention, cet article va devenir, dans quelques secondes, sous vos yeux ébahis, totalement sulfureux, parce que je vais écrire dedans les mots « Coran » et « patate ». Vous êtes prêts ?

 

Coran

 

Patate

 

Voilà, ça y est moi aussi je remet en question des trucs.

Tout ça pour dire que mettre en place un décors ne signifie pas mécaniquement le contester. Portraiturer son siècle n'est jamais mécaniquement synonyme de protestation à son encontre. Ça peut juste aussi vouloir dire planter un décors, ici aussi plat que les fresques de fond de scène d'opérette.

L'argument de vente numéro un de ce bouquin ayant maintenant été déclaré nul, passons à la suite : l'histoire.
Il était une fois Patty. On ne sait pas grand chose de Patty, sinon qu'elle est grande et qu'elle fait du basket parce qu'elle est grande. Et puis elle vit des trucs glauques et laisse un peu faire parce que bon, elle est comme ça Patoche (ouais, après sept cent dix huit pages, nous sommes devenues intimes), elle est molle. Du coup elle déprime pendant sept cent dix huit pages. On ne sait pas pourquoi, Walter tombe amoureux d'elle pendant sept cent dix huit pages. Il se laisse faire par les caprices de la grande parce que lui aussi il est un peu mou. Mais la grande en question elle est amoureuse de Richard parce qu'il fait du rock et qu'il ressemble à Kadhafi. Parce qu'il est bien connu que Kadhafi est une putain de sex bomb, que, même ensanglanté en train de se faire lapider par la foule, il me remue les ovaires.
Voilà donc Freedom, un triangle amoureux autour d'une greluche insipide, dont le rêve insipide est de devenir femme au foyer. A un moment elle pond des gosses aussi. Une fille, son double, insipide, et un garçon, qui lui est tellement arrogant que t'as envie de lui mettre des grosses claques dans sa gueule de petit con.

Vous me direz, on a construit des chef-d’œuvre sur moins que ça.
Prenez Anna Karenine. C'est pareil. Un triangle amoureux autour d'une connasse insipide.
La nuance ?
La même qui différencie Patrick Sébastien de Kandisky. 

Un truc qui s'appelle le talent.

 

Jonathan Franzen, Freedom, Editions de l'Olivier,24€ (je joue aux légo avec vous pendant quatre heures pour le même prix)

Posté par Ina Wungerors à 21:51 - Livres - Commentaires [0] - Permalien [#]

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