détenteurs du bon gout

23 avril 2012

Parce que nous aussi les grosses laides nous avons droit à nos histoires d'amour.

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Salut, toi aussi tu es grosse ? Je te parle pas d'une grosse de type « burlesque », qui après un brushing et un coup de rouge à lèvres se retrouve métamorphosée en sosie de Marylin. Je te parle d'une vraie grosse qui ne peut pas porter de bottes parce que malgré sa pointure 38, aucune chaussure ne saurait embrasser la circonférence monumentale de son mollet. Une véritable obèse qui doit soulever ses bourrelets pour nettoyer entre les plis. Un tas à double menton dont la chair tressaute à chaque pas. Et puis tu as les cheveux filasses, la peau qui sécrète beaucoup trop de sébum, et un râtelier à faire fuir le clodo sexagénaire du coin de la rue. Et malgré ça, tu te dis que toi aussi tu as le droit à l'Amour avec une majuscule. D'aucuns te diraient que tu as tort. Moi je te dis de lire la bd de Dave Cooper, Ripple, une prédilection pour Tina .

Martin c'est un auteur qui as obtenu une bourse pour une créer une exposition érotique autour de ta chair de grosse. Ta chair qui tremblote, pleine de cellulite et d'aspérités, qui remue et qui se secoue, cette peau à l'aspect quasi tellurique, imparfaite, distendue et suintante. Il recrute alors Tina comme modèle, un peu con, peut-être mineure, naïve. Elle est comme toi Tina, vilaine avec une dentition d'animal. Et on sait pas pourquoi, toi petite abomination humaine, tu fascines Martin. Il tombe raide dingue de toi. Ou bien il est juste fasciné par son propre désir pervers. Mais tu l'obsèdes. Il te saucissonne dans des tenues SM qui ne sauraient être à ta taille et qui te boudinent. Ta graisse essaye de s'échapper par tous les coins et Martin essaye de la peindre. Martin te fout dans les positions les plus atroces et au bout d'un moment il n'en peut plus il veut te sauter. Mais il y arrive pas ce tocard. Pas correctement du moins. Il jouit trop vite ou sa queue reste aussi flasque que ton cul. Il est mauvais, nul, minable un putain de moins que rien. Et de là tu vas tirer ta force ma grosse, tu vas soumettre ce petit vicieux hypnotisé par ta peau. Il sera à ta botte et il va complètement vriller.

Voilà en gros ce que raconte Ripple. Ça te fait rêver hein ? Une histoire dégueulasse et fascinante imprimée sur du jaune, parce que ça fait presque de la peau sale, le jaune. L'histoire perverse d'une fascination dérangeante pour la laideur. Parce que tu es laide ma grosse, c'est tout ce que tu auras. Pas de preux chevalier, pas de prince charmant. Tu auras peut-être juste la chance d'être assez dégueulasse pour en devenir hypnotique. Sinon tu auras l'intelligence de lire Ripple, pour ta culture personnelle, pour entretenir ta beauté intérieure, ou ruiner tous tes espoirs.

Allez, des bisous.

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Dave Cooper, Ripple, Une prédilection pour Tina, Seuil, 14.90€ avant changement de TVA.

Posté par Ina Wungerors à 15:56 - bédés - Commentaires [0] - Permalien [#]

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