détenteurs du bon gout

15 décembre 2011

WTF Sarah Connor?

 cyborg-conquest-

Cyborg conquest, c'est une histoire qui se passe dans le futur, en 2010. L'héroïne, Lady (interprétée par l'actrice faire-valoir, quota-noir de Clueless) est à la tête d'un gang de motardes, über sexy dans leur cuir copyrighté Xena, braqueuses de banques. Donc elles vont braquer des banques et ça se passe plutôt bien, puisqu'il s'avère que la secrétaire a le code du maxi-coffre, ce qui arrange bien leurs affaires.
Après un improbable plan fixe sur la main de notre leadeuse qui fait accélérer sa bécane sans même avoir à remuer le petit doigt (mais on sait que ça accélère parce que le décors dessiné par Justine (la petite-fille de quatre ans du producteur) bouge), après ce plan donc elles vont boire des coups, parce que c'est crevant de demander le code du coffre à la secrétaire.
Elles se retrouvent dans le bar d'une ville (qui a l'air de faire la taille de Dijon quand même, enfin la ville, pas le bar) qui n'est pas sur la carte. Mais bon la carte elle date quand même d'il y a trois ans et puis bon c'est bien connu, les villes ça pousse comme du moisi sur le plafond d'une salle de bain sans vmc, nous sommes aux États-Unis, le pays où tout est possible après tout.
Dans ce bar, c'est plein de types louches qui ont l'air d'avoir la dalle et qui sont pas au courant que nos gonzesses faut pas trop les emmerder sinon ça finit «comme à Albuquerque» (rassurez-vous, personne ne vous dira ce qu'il s'est passé à Albuquerque, c'est ça, l'art de la suggestion). Or, une main au cul plus tard, un type, le genre gros routier à la chemise texane, se fait descendre avec un pistolet qui tire comme un uzi. 
En tombant, le lourdaud casse sa main, et là OH MY GOD on réalise que c'est un cyborg. 

Bref, là je vous ai fait dix minutes de film hein. Il faut rajouter par dessus des histoires de conquête du monde, de bombe atomique, de sauvetage de copines, de génie du mal (et non de savant fou, comme vous l'expliquera l'un des protagonistes dans un monologue digne de Woody Allen).

Il faut ensuite saupoudrer tout ça avec un montage que n'aurait même pas osé le réalisateur de Undefeatable (si,si, le film avec un méchant sosie de Nicolas Sarkozy et une héroïne bodybuildeuse transformiste de Renaud). Le gars a du se dire, ah ouais, on va faire des microcoupures en plein milieu d'un zoom (OUI UN ZOOM!) pour faire un effet saccadé de la mort qui tue, c'est important le rythme, le cinéma c'est l'art de l'ellipse (même d'un millième de seconde) et tant pis pour les épileptiques.

Plus des effets spéciaux fabriqués sous Paint ; on ne serait pas à l'ère numérique, je jurerais que les yeux (verts et phosphorescents) des androïdes ont été coloriés au feutre, négatif par négatif. Big up également au stagiaire 3D qui nous a pondu un robot (numéro mille, tatata) qui aurait été refusé pour Power Rangers, même s'il avait payé pour y faire une apparition.

Soulignons par ailleurs la performance des acteurs, aussi expressifs, talentueux et crédibles que des chaises de jardin, servis ici par un dialoguiste dont la tête doit aujourd'hui être mise à prix. « Il y a une seule chose qui les fait craquer, cette phrase : tu es en plein désert, tu vois une tortue sur le dos qui ne peut pas se retourner toute seule, que fais-tu ? » Et paf, ça fait exploser le cyborg.

Sachez qu'ici je ne dévoile que 3% du régal intellectuel que représente ce film. Je vous ai épargné les flash-back, la blague final (qui est devenue un running gag chez moi, mais je vous laisse découvrir, faudrait pas gâcher), les chorégraphies de descente de moto, les erreurs de scripte, encore du dialogue mutant, la musique même pas faite par 2Unlimited (et c'est la vraie déception du film), le méchant handicapé, le Kakashi-sensei (maitre ninja pour les non-initiés) texans, les retournements de situations et tout et tout.

Alors vous aussi dites non à la cohérence, dites non aux scénaristes, dites non à l'actor studio, dites non au cinéma. Dites oui aux flingues, oui aux cyborgs, oui au skaï, mais n'oubliez pas, avant de regarder ce chef d’œuvre, de dire oui à la drogue.

 

 dvf4

Cyborg Conquest, un nanard de Leigh Scott écrit par Leigh Scott, avec : Stacey Dash (Lady), Paul le Mat (Elliot), Frida Show (Gretchen), Eliza Swenson (Layla), Kristen Quintrall (K.J.), Jackey Hall (Tinkerbell). 2009 (ahahhaha)

Posté par Ina Wungerors à 20:34 - films - Commentaires [0] - Permalien [#]

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